Questions et réponses

Commission Doctrinale – International Catholic Charismatic Renewal Services

Année 2014

 

Le don des langues est un des nombreux charismes donnés par le Saint-Esprit pour la construction de l’Église. Les bases scripturales de ce don se trouvent dans le mandat donné par Jésus ressuscité de proclamer l’Évangile, explicité dans Marc 16, 17 et dans les deux autres livres du Nouveau Testament, les Actes et 1 Corinthiens.

Le don des langues a été l’objet de nombreuses études, et plusieurs termes sont associés au don des langues: glossolalie, xenoglossie et zenolalie. Quelle distinction fait-on entre ces termes?

Le mot glossolie est dérivé d’une phrase grecque glössais lalein, qui signifie littéralement « parler en langues». Dans la théologie chrétienne, glossolalie se réfère aux sons ressemblant à un discours, donnés par le Saint-Esprit, pour un usage privé ou une prière publique.

Le terme xenoglossie vient du mot grec xenos: « étranger», et glössa: « langue» et signifie « parler dans une langue étrangère». De même, xenolalie vient de xenos: «étranger», et lalia: « parler», et signifie aussi « parler dans une langue étrangère». Ces termes sont souvent utilisés comme des synonymes, et indiquent une langue que l’on parle ou écrit sans l’avoir acquise de façon traditionnelle.

Dans le Nouveau Testament, Paul et Luc présentent le don des langues de façon différente. Luc décrit les langues comme étant des signes de la venue du Saint-Esprit sur les disciples le jour de la Pentecôte, alors qu’ils « expriment les merveilles de Dieu» en différentes langues et dialectes (Ac 2, 1-13). Il est souvent avancé que le véritable miracle à la Pentecôte était dans la compréhension, et qu’en fait les « langues» étaient une forme d’expression dans l’extase plutôt qu’un langage identifiable. Mais il semble que ce soit une lecture incorrecte des Actes, qui indique « parler en d’autres langues» ainsi qu’entendre dans « la langue maternelle» de ceux qui étaient présents. Ainsi Luc considère le phénomène de la Pentecôte comme une xenolalie, c’est-à-dire parler dans une véritable langue inconnue des locuteurs.

Luc indique d’autres instances de parler en langues dans les Actes 10, 46, au moment où l’Esprit vient sur la maisonnée de Corneille, un païen, et plus loin dans Ac 19, 6, lorsque les Éphésiens, disciples de Jean-Baptiste, reçoivent l’Esprit. Dans ces deux cas, il n’est pas fait mention de reconnaissance de ces langues par aucun des présents. Mais le contenu des parlers en langue dans ces trois textes dit la puissance des merveilles de Dieu. Bien que les termes « merveilles de Dieu» ne soient utilisés que dans Ac 2, 11, le verbe qui leur est lié « magnifier» se retrouve dans 10, 46 et 19, 7, et il suggère que ce qu’ils exprimaient en langue était la louange de Dieu.

Paul inclut le don des langues sur la liste des dons de l’Esprit dans ses instructions aux Corinthiens sur les dons charismatiques (1 Co 12, 10; 14, 2-5). Paul semble avoir à l’esprit deux formes différentes de ce don: les langues utilisées dans un message public pour une assemblée, et les langues comme forme de prière.

Les langues dans le premier sens sont un don prophétique qui nécessite un interprète pour être comprises (1 Co 14, 26-28). L’interprète ne traduit pas le message, mais il est amené à rendre son sens général. Paul voit dans ce don une variété de fonctions, dont la louange de Dieu et une révélation prophétique pour la congrégation.

Dans le second sens, Paul voit les langues comme dirigées vers Dieu et non vers le prochain, car il s’agit d’un don de prière plutôt qu’une prédication (1 Co 14, 2). C’est un don pour une louange charismatique inspirée, et peut-être les gémissements et désirs que la personne ne peut traduire en mots (Rm 8, 26- 27). Car on nous dit dans 1 Co 14, 14-17 qu’il s’agit d’un don de prière, de louange et de remerciements. Sa fonction première n’est donc pas d’être une communication intelligible. Une telle prière implique des mots et des sons qui n’appartiennent pas à une langue existante.

Même si la personne qui parle en langues ne connaît pas le contenu, elle est consciente que c’est elle qui parle. Mais il est à noter que la personne est consciente et capable de décider quand commencer et quand s’arrêter, et n’est pas entraînée par le don. La valeur de ce genre de prière de louange réside précisément dans son caractère non rationnel, qui permet à l’Esprit Saint de contourner notre esprit, et c’est « l’Esprit lui-même qui intercède pour nous» (Rm 8, 26-27).

Dans le Renouveau charismatique actuel, la deuxième catégorie de parler en langues est la plus commune, bien que nous ayons aussi de nombreux cas de la première.

Il faut noter que glossolalie et xénoglossie ne sont pas une garantie que le locuteur est mu par le Saint- Esprit, car Satan tente de copier tous les dons de l’Esprit. Paul met donc en garde les Corinthiens pour qu’ils discernent chaque don spirituel sur la base de la vérité (1 Co 12, 1-3), et de la charité (1 Co 13, 1-3), et il leur rappelle que les dons n’ont de valeur que s’ils sont exercés pour la construction du corps du Christ (1 Co 14, 39-40).